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APRÈS AVOIR ÉTÉ DÉLOCALISÉE DURANT CES TROIS DERNIÈRES ANNÉES À TIZI OUZOU

La fête du tapis d'Aït Hichem retrouve les cimes du Djurdjura

 
Plusieurs tisseuses de tapis se sont rassemblées au village d’Aït Hichem. ©K. Tighlit/Liberté
Organisée depuis trois ans à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, la traditionnelle fête du tapis amazigh a enfin retrouvé son ancien cadre naturel qui est le village d’Aït Hichem, dans la commune d’Aït Yahia, relevant de la daïra d’Aïn El-Hammam, et ce, à l’initiative de l'association des femmes tisseuses d'Aït Hichem dénommé “Azetta”. Le coup d’envoi de la manifestation, qui a été donné jeudi dernier en présence du P/APW de Tizi Ouzou, d’un représentant du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, du directeur de la Chambre des métiers et de l’artisanat de la wilaya, et des autorités locales, a enregistré la participation de 14 tisseuses d’Aït Hichem et une trentaine d’autres artisanes venues des autres localités de Kabylie mais aussi d’autres wilayas telles que Ghardaïa, Touggourt, Tipasa, Khenchela et Ouargla.

“La fête du tapis d'Aït Hichem n'a rien à voir avec le Festival national du tapis d'Aït Hichem qui se tient habituellement à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou”, ont expliqué les organisateurs alors que l’on croit savoir que ledit festival aurait été reporté pour le mois d’octobre. La manifestation a planté son joli décor à l’école primaire d’Aït Hichem où de nombreux visiteurs ont afflué en masse alors qu’un représentant du ministère du Tourisme et de l’Artisanat a rappelé, lors de son intervention  “l’engagement de l’État à sauvegarder ce patrimoine matériel, témoin d’une civilisation lointaine et d’une richesse culturelle inestimable”.
Par ailleurs, les membres de l’association “Azetta” ont saisi l’occasion pour demander “la création d’un centre d’estampillage du tapis d’Aït Hichem qui permettra sa commercialisation sur le plan international” tout en rappelant que “l’estampillage se fait actuellement à Tipasa au profit des tisseuses locales en l’absence d’une structure chargée de cette opération au village d’Aït Hichem”. Les tisseuses d’Aït Hichem ont soulevé aussi d’autres difficultés liées à leur activité à savoir, “le manque de matières premières, notamment la laine commandée à Ghardaïa ou à Ouargla”, ce qui retarde le bon déroulement de l'opération de tissage ainsi que “la réouverture de l’école de tissage de la région ouverte pour la première fois en 1892 pour fermer ses portes en 2008 pour absence de stagiaires”.
Pour rappel, dans une lettre ouverte au ministre du Tourisme et de l’Artisanat, l’association des femmes tisseuses pour la sauvegarde et la promotion du tapis d’Aït Hichem avaient dénoncé “une volonté malintentionnée qui a visé, tout simplement, à saborder la fête annuelle du tapis prévue au village d’Aït Hichem du 17 au 21 août ”. Il faut rappeler que cette fête, est-il expliqué par les membres de cette association, “a été délocalisée depuis trois ans à Tizi Ouzou contre la volonté des villageois mais elle a finalement retrouvé, cette année, les cimes du Djurdjura au grand bonheur des femmes de la région qui se réapproprient désormais un patrimoine cher à leurs yeux”.
Et aux organisateurs de cette fête traditionnelle de préciser, dans une déclaration rendue publique, que “l’association Azetta du village Aït Hichem a été créée dans le but de redonner ses lettres de noblesse à une activité féminine ancestrale dans ses volets à la fois historiques et anthropologiques, mais à défaut d’une oreille attentive, c’est une levée de boucliers qui a eu lieu pour contrecarrer une activité féminine jusque dans les sphères les plus élevées de la hiérarchie administrative”.

K. Tighilt 

Publié dans Liberté le 19 - 08 - 2017