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Météo T.O

  • Ouadhias - Plus que deux jours avant la clôture de la 4e édition. Au Festival de la robe kabyle…

Tijihlit Iwadhiyen, cette belle robe kabyle de la région des Ouadhias, est un vêtement porté généralement par les mariées, mais aussi les autres femmes à l’occasion des fêtes et des cérémonies.

Mais, ces derniers temps, cet habit tend à devenir aussi une tenue de sorties. Une robe bien cousue et bien brodée, qui se porte avec une ceinture et un foulard sur la tête de couleur généralement noir et aussi une «Fouda».

Un ensemble qui donne une allure exceptionnelle et une parfaite élégance à la femme kabyle. Une tenue qui met en valeur la femme et sa féminité. Aux Ouadhias, une mariée se doit de porter la robe traditionnelle pendant la cérémonie du henné et d’assurer la sortie, le septième jour, à la fontaine du village. Cette robe, faut-il le souligner, a connu une certaine «modernisation» pour son actualisation et sa mise à jour.

Elle est ainsi portée par les jeunes filles d’aujourd’hui, non seulement comme patrimoine artisanal spécifique à la Kabylie, mais comme habit amazigh dont l’ambition est sa généralisation jusqu’aux frontières de toute Tamazgha. Par ailleurs, cette robe constitue le gagne pain de centaines de familles à travers les wilayas du centre du pays, notamment Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira, Boumerdès et Alger.

Pour la présente édition, ouverte depuis le 24 août dernier et qui se poursuivra jusqu’au 28 du même mois, l’affluence est importante et les couturières semblent satisfaites de l’organisation et des ventes. Contrairement aux autres festivals et fêtes qui s’organisent à travers des villages de la wilaya de Tizi-Ouzou, la participation est gratuite à ce festival et la prise en charge des exposantes est assurée. Cette année, on a enregistré la participation d’une trentaine de couturières venues des quatre coins de la daïra des Ouadhias.

Une multitude de robes sont exposées à la vente. «Chez nous, non seulement les participants ne paient rien, mais ils sont pris en charge gratuitement. Cela est pour, justement, booster cette activité et permettre aux couturières de rentabiliser leur travail. Si les couturières génèrent des bénéfices, c’est tant mieux pour l’économie locale car ce sont des centaines de familles qui vivent de ce métier. Nous ne pouvons que les encourager», indique le maire des Ouadhias.

«Un soutien financier est nécessaire pour faire avancer la filière»

Une couturière de la région, approchée sur place, dira au sujet de son activité : «Je dispose d’un atelier et je travaille avec mes propres moyens. Je n’ai jamais bénéficié d’une quelconque aide de l’Etat, pourtant elle serait la bienvenue pour me permettre d’agrandir mon activité et même créer de l’emploi. Je peux même assurer des formations au profit de jeunes filles, cela contribuera à la pérennisation de cette activité. Un local, quelques machines à coudre et un prêt bancaire donneront plus d’importance à mon atelier».

Concernant la cherté de la robe, la même couturière dira : «C’est vrai que la robe kabyle pour la mariée et même la robe simple sont assez chères, mais il faut savoir que le tissu, la dentelle, le zig-zag et le fil aussi sont chers, cela sans parler de la main d’œuvre. On parle de cherté de la robe kabyle mais il faut reconnaître qu’elle n’est pas aussi chère que les tenues importées d’ailleurs !» Signalons que le prix de la robe simple des Ouadhias varie entre 6 000 et 18 000 DA. La robe de la mariée, à savoir «Tijihlit», est vendue entre 25 000 et 40 000 DA. Le tissu d’importation est vendu à 3 500 DA le coupon et le tissu simple produit localement coûte 1 000 DA le coupon. La dentelle est coté à 380 DA le petit paquet et à 400 DA le grand.

Pour une robe, la couturière a besoin en moyenne de trois jours de travail, à croire Mme Chérif Fetta, couturière. Une autre couturière, Mme Akerma, qui a un atelier à Ouadhia centre, a montré toute sa satisfaction : «Au premier jour du Festival, mes ventes n’étaient pas très importantes, mais aujourd’hui, je peux vous dire que j’ai tout vendu. Je suis comblée ! La couture et la robe kabyle m’ont permis de construire ma maison et d’aider ma famille. J’arrive largement à gagner ma vie grâce à la couture. J’aimerais agrandir mon activité pour être plus rentable. Une aide ou un prêt bancaire seraient une bouffée d’oxygène, cela me permettrait d’embaucher des couturières et d’innover», fera-t-elle savoir.

Ali Amrane pour égayer le Festival

Par ailleurs, le Festival ne s’est pas limité à la couture puisque l’animation artistique était également au rendez-vous. En effet, l’APC des Ouadhias a saisi l’opportunité du centenaire de la naissance du père de la chanson kabyle Slimane Azem, qui sera célébré par l’APC d’Agouni Gueghrane à partir de demain mardi, afin d’inviter l’artiste Ali Amrane et un groupe de chanteurs locaux pour animer une soirée.

«Nous avons invité Ali Amrane pour animer un gala artistique au niveau du stade communal, pour à la fois être dans le sillage de l’hommage à Slimane Azem et égayer davantage ce festival de la robe kabyle des Ouadhias», a déclaré le P/APC des Ouadhias. En effet, le gala d’Ali Amrane a fait vibrer Ouadhia. Avant lui, les jeunes chanteurs Ati Wachour, Djilali Toumert, le groupe de Hakim Himoune n’ont pas manqué de «chauffer» la scène.

Quand Ali amrane, le rocker kabyle, monta sur scène, c’est par un tonnerre d’applaudissements qu’il fut accueilli. Ali Amrane est très aimé à Ouadhia et son passage à la salle de cinéma de la ville, il y a quelques années, est resté dans les esprits. Cette fois encore, le chanteur a emballé le stade communal des Ouadhias où des milliers de spectateurs se sont défoulés en cette nuit d’été.

Les sonorités rock tirées d´un répertoire ancien et nouveau ont bien captivé les présents qui n’ont pas manqué de le montrer par des danses endiablées. Sa complicité avec son public et ses fans à travers ses «touches» de guitare, ses «mots» au public et ses chansons que ce dernier connait par cœur et a repris en chœur ont donné à l’événement un cachet particulier, une sorte de fête familiale où régna une belle ambiance. Hurya, Aqlalas, tavalizt sont des titres qui ont enflammé le stade communal des Ouadhias.

A la fin, Ali amrane n’a pas manqué de promettre à ses fans de revenir à chaque fois qu’on lui ferait appel. «Vous êtes un public fabuleux, c’est toujours un plaisir d’être parmi vous à Ouadhia», dira-t-il sous des applaudissements nourris.

Une aubaine pour récompenser des lauréats sportifs et scolaires

Toujours à l’occasion du Festival de la robe kabyle des Ouadhias, l’APC a organisé, avant-hier, une cérémonie pour récompenser les lauréats des examens (BAC, BEM et 5AP). Ainsi, en présence de leurs parents et des autorités locales, les sept meilleurs bacheliers, les trois meilleurs lauréats du BEM et les cinq premiers de chaque école primaire à l’examen de 5AP ont été gratifiés par des cadeaux et des diplômes d’encouragement.

Une cérémonie où le maire a souligné l’importance d’encourager les élèves à persévérer, car le savoir et la science sont les clés de la réussite. Pour davantage d’efforts et de volonté de la par des écoliers, le maire a annoncé : «L’année prochaine, je m’engage à payer un voyage au meilleur bachelier à la destination de son choix et accompagné de ses parents !» Un athlète de boxe thaïlandaise, Chayem Arezki, originaire de Tagmount El Djedid relevant de la commune des Ouadhias, qui a décroché le titre de champion du monde professionnel en Argentine, a été également honoré par l’APC.

À rappeler que ce champion du monde a réussi à gagner sept titres de champion du monde dans la discipline de la boxe thaïlandaise. «Mon meilleur titre je l’ai eu le 12 août dernier en Argentine sous les couleurs nationales. En voyant notre drapeau flotter et notre hymne chanté, j’ai eu la chair de poule et beaucoup d’émotion. Mon objectif est d’atteindre dix titres de champion du monde», a-t-il fait savoir. Pour rappel, la cérémonie de clôture de la 4e édition du Festival de la robe des Ouadhias est prévue pour demain mardi. 

 

 

Hocine Taib.

27 Aout 2018

  dépêche de Kabylie