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Météo T.O

  • Elle se tiendra du 08 au 13 du mois en cours: 10e édition du Salon national de l'artisanat


La wilaya de Tizi-Ouzou s'apprête à abriter la dixième (10e) édition du Salon national de l'artisanat qui aura lieu du 08 au 13 du mois en cours au niveau du jardin Colonel Mohand Oulhadj, au centre-ville de Tizi-Ouzou. 

Organisée par l'assemblée populaire de wilaya en collaboration avec la chambre de l'artisanat et des métiers (CAM), cette nouvelle édition qui regroupera une centaine d'exposants venus de 25 wilayas du pays, a pour objectif de donner la possibilité aux artisans exposants de promouvoir et commercialiser leurs produits, et de permettre l'échange d'expériences entre les artisans des différentes wilayas, tout en offrant aux visiteurs l'opportunité de découvrir et d'acquérir les divers produits exposés. «Notre objectif est de promouvoir les produits artisanaux de chaque région du pays». Une initiative qui entre dans le cadre de la politique du gouvernement visant la diversification de l'économie nationale hors hydrocarbures, puisqu'il est temps à ce que l'artisanat contribue au développement de l'économie locale de notre wilaya, notamment avec la conjoncture financière que traverse le pays ces dernières années.


L'artisanat dans tous ses états

Quasiment tous les produits de l'artisanat sont célébrés annuellement à travers des fêtes et festivals qui leurs sont entièrement dédiés et ce dans différentes localités de la wilaya de Tizi Ouzou. Du tapis d'Ah Hichem, en passant par la poterie de Maâtkas et d'Ath Khir à la forge de Bozehène, à la robe des Ouadhias et d'illoula, à la vannerie de Djemaâ Saharidj et de Aïn Mezaieb, ou encore à la vannerie et au bijou d'Ath Yenni, ce sont tous les produits qui sont ainsi honorés. Ces fêtes et au-delà de leur côté commercial et festif, sont à chaque fois saisies par les artisans pour crier leur détresse. Les métiers de l'artisanat sont en difficulté. Ils reculent et deviennent du coup prisonniers des problèmes qui les rongent. C'est alors que la menace de les voir disparaître devient de plus en plus pesante. Le cas du bijou d'Ath Yenni illustre parfaitement cette intenable situation. En effet, le bijou, est à delà de sa symbolique, de son ancrage sociétal et de son apport à l'économie locale à travers les âges, est depuis quelques années otage de tant de considérations. Même la fête du bijou qui devait porter cet art au-delà de son ancrage local se mouille dans des considérations commerciales, financières, politiques et administratives. En plus le nombre d'artisans se réduit comme une peau de chagrin à cause des difficultés rencontrées dans l'exercice de ce noble métier de l'artisanat, les difficultés liées à la commercialisation des produits de la bijouterie n'ont pas été surmontées. Aujourd'hui, les artisans font surtout face à la cherté de l'argent et du corail (matières premières essentielles au bijou) et leur absence du marché «formel». A tout cela, s'ajoutent la multiplication des intermédiaires et des spéculateurs dans ce créneau sensible. L'ensemble de ces facteurs ont donné un sérieux coup à cette activité sensible. Toutes ces difficultés induisent une situation de quiproquo. Car, si aujourd'hui on demander aux artisans bijoutiers, notamment ceux d'AthYenni de moderniser le design de leurs produits, il est plutôt urgent d'abord de sauvegarder ce qu'il y a déjà, estiment d'autres. Les bijoux des Ath Yenni présentent plusieurs spécificités qui les distinguent des autres bijoux que l'on trouve chez d'autres bijoutiers sont en difficulté. Faits à base d'argent ciselé, les bracelets, les bagues, les anneaux, les colliers, les fibules, boucles d'oreilles dominées par une composition triangulaire sont généralement ornés de filigranes qui les rendent encore plus esthétiques et plus beaux, deviennent de plus en plus rares et de plus en plus chers. Le bijou kabyle en général et celui de cette région en particulier, est connu pour ses émaux aux couleurs symboliques (le bleu étant associé à la saison des semailles, le vert représentant la renaissance et la germination et le jaune, la saison des récoltes). Les différentes pièces sont souvent incrustées de pierres de corail, rehaussant la beauté et la finesse du travail des artisans. Parmi les bijoux les plus réputés, on citera la parure ou «taessaht», genre de diadème ornant le front. Cela donne à la femme de l'élégance, voire même de et de majesté. On citera aussi «Tavzimt», l'incontournable fibule, de forme arrondie, richement décorée d'émaux et de coraux, fixée sur la poitrine ou encore «tigwedmatin», ces boucles d'oreilles aux différentes formes comme ce qu'on appelle «letrak», un anneau ovale avec, à l'extrémité, des sertissages de corail et d'émaux. D'autres bijoux aussi emblématiques les un que les autres allongent la liste de ces merveilles confectionnées par des mains agiles agissant avec dextérité. Parmi ces merveilles, on citera l'«Akhelkhal», gros anneau porté à la cheville. Il est généralement orné d'un gros cabochon de corail et de boules en argent. Le bracelet, «amechloukh» est aussi richement orné de dessins rehaussés d'émaux jaunes, bleus ou verts et de pierres de corail.


Espoirs et désespoirs

Il va de soi que les efforts consentis sont à saluer bien qu'ils restent en deçà des attentes et des espoirs que nourrissent les artisans. D'autres efforts doivent être axés sur les voies et moyens d'offrir un espace d'échanges et de savoir-faire de perpétuer les métiers manuels, de soutenir les artisans à mieux s'organiser, de promouvoir le produit artisanal, de soutenir la richesse du patrimoine de la région. Les manques à combler sont nombreux, que plusieurs activités sont menacées d'extinction. Les activités artisanales qui représentent la richesse kabyle deviennent très difficiles à exercer pour les artisans.
L'organisation et la subvention de salons, de fêtes locales, de festivals ne suffisent pas à maintenir cet art ancestral et les activités du secteur de l'artisanat. Une véritable politique doit être mise en place avec des instruments à même de garantir le développement de ce secteur qui est aussi un levier de développement à l'instar d'autres secteurs comme celui du tourisme.

Pour venir à bout des principales embûches que rencontrent les artisans dans l'exercice de leur art, il est nécessaire de les accompagner et de les soutenir.

Leur disparition serait non seulement une énorme perte, mais surtout l'effacement d'un pan de notre histoire, d'une existence d'une façon de vivre et d'exister. 

Brahim B et Z C Hamri 

Le Temps d'Algérie 

le 05 - 10 - 2018